Les racines « imaginaires » de la transdisciplinarité


Les racines « imaginaires » de la transdisciplinarité

par Daniel Proulx

L'imaginaire durandien. Enracinements et envols en Terre d'Amérique, édité par Raymond Laprée et Christian Bellehumeur, Presses de l'Université Laval, 2013, pp. 169-181.
Résumé
L'imaginaire durandienGilbert Durand est l’un des membres fondateurs du Centre international de recherche et d’études transdisciplinaires (CIRET), aux côtés de Basarab Nicolescu, Edgard Morin, Stéphane Lupasco, Michel Cazenave et quelques autres. Même si le terme « transdisciplinarité » ne se retrouve pas vraiment sous sa plume, se demander quel rôle on pourrait lui attribuer dans l’émergence de ce nouveau paradigme méthodologique semble tout à fait légitime, car les deux auteurs à la source de la transdisciplinarité, Jean Piaget et Stéphane Lupasco, ont été sollicités par le fondateur du Centre de recherche sur l’imaginaire de Grenoble, sans oublier sa participation constante sur deux décennies aux diverses activités scientifiques « transdisciplinaires ». Retracer les grandes lignes de l’émergence du concept de transdisciplinarité permettra de rappeler que, si Piaget est la source historique de la transdisciplinarité, l’esprit transdisciplinaire, particulièrement en physique, est bien antérieur. Dans cette esquisse de l’émergence de la transdisciplinarité, nous évoquerons le fait que Gilbert Durand cite aussitôt qu’en 1967 l’œuvre de Lupasco et cela exactement dans la ligne de pensée de l’époque des grands colloques internationaux qui aboutit à la charte fondatrice de la transdisciplinarité en 1994. Les questions de méthode au cœur de l’œuvre de Durand proposent de penser l’« entre » science et tradition; elles donnent une occasion d’insister sur le fait que pour lui l’événement instigateur de la séparation entre science et tradition a sa source dans l’introduction de la pensée d’Averroès en occident, hypothèse que Gilbert Durand reprend de son ami Henry Corbin. Enfin, le Cercle Eranos, où la rencontre corbino-durandienne prend place, est un lieu sans lieu qui s’opère dans un temps qui est espace, un centre qui parce qu’il est son pourtour opère naturellement la réconciliation entre science et tradition dans un esprit que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de transdisciplinaire.

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